Q’est-ce qui différencie un vrai chrétien d’un non chrétien lorsqu’ils donnent un pièce à un SDF ? C’est l’Amour. Le vrai chrétien donne un pièce à son frère dans le Christ. Avec un regard d’Amour, une parole d’Amour, un temps donné d’Amour, une pensée d’Amour.
Le Festival de la Charité devrait être un Festival de l’Amour.
Comment éduquons-nous les enfants à la Charité ?
On voudrait nous faire croire qu’il suffit de les emmener rendre visite une fois par an aux personnes âgées de la maison de retraite du quartier. Tout le monde est content, dit-on : les personnes âgées, les enfants, les parents, le curé,… Soit. C’est une très bonne chose de faire découvrir aux enfants la solitude des personnes âgées. Mais est-ce là la seule éducation à la Charité ?
En paraphrasant St Paul – qu’il me pardonne - « j’aurais beau rendre visite à toutes les maisons de retraite, tant que je n’appelle pas ma grand-mère pour lui demander de ses nouvelles parce qu’elle est trop bavarde, je n’aurai rien compris de l’Amour.
J’aurais beau m’inscrire à tous les bols de riz de carême, tant que je ne veux pas partager la dernière part du bon gâteau avec mon frère, je n’aurai rien découvert de l’Amour.
J’aurais beau acheter des jouets pour les enfants pauvres, tant que je n’arrive pas à donner MON jouet, je n’aurai rien découvert de l’Amour.
Parce que la Charité, c’est l’Amour, et l’Amour c’est un regard qui voit Dieu en l’Autre, en mon frère, ma petite sœur casse-pied, mon prof détesté, le SDF qui sent mauvais, la voisine qui radote…il n’y a pas que moi qui suis créé à l’image de Dieu !! Eux aussi. Aussi étrange que cela puisse paraître…
Alors la question revient : comment faire découvrir aux enfants la Charité ?
Je compte sur 5 mots magiques : Bonjour, s’il te plait, merci, pardon, je t’aime.
Vous allez me dire que la politesse n’a rien à voir, ce sont des automatismes de l’éducation. Je crois surtout que la politesse est une œuvre d’Amour à la portée de tous, en particuliers des enfants. Et l’avantage de ces mots, c’est qu’on les a toujours sous la main si je puis dire, et des gens à qui les dire, et qu’ils ne coûtent rien.
Mais surtout, ces mots ont une raison d’être au delà du « savoir-vivre ».
Si nous (ré ?) apprenions à nos enfants à dire « Bonjour Madame » en passant devant la gardienne d’immeuble, même (et surtout !) si elle ne répond pas ? Quand je dis « bonjour », je dis « ta présence m’est utile car elle me sort de moi-même ».
Si nous (ré ?) apprenions à nos enfants à dire « Merci Monsieur » au clochard qui tient la porte du Monoprix ? Quand je dis « merci », je dis « ce que tu es, ce que tu me donnes de toi, m’apporte et me fais grandir. »
Si nous (ré ?) apprenions à nos enfants à dire « pardon » à la petite sœur réexpédiée un peu durement hors de la chambre ? quand je dis « pardon », je dis « je reconnais que ta dignité a été blessée par ce que j’ai dit ou fait ».
Si nous (ré ?)apprenions à nos enfants à dire « s’il te plait » au grand frère dont l’aide est nécessaire pour un exercice de Math ? Quand je dis « s’il te plait », je dis « je sais que je ne suis pas tout puissant, j’ai besoin de toi ».
Si nous (ré ?) apprenions à nos enfants à dire « je t’aime » à Papa quand il rentre exténué de son travail ou à Maman qui a fait une tarte surprise (ou l’inverse !) ? Quand je dis « je t’aime », je dis que Dieu est au milieu de nous.
Et pourquoi est-ce si bon de dire « je t’aime » ? parce qu’on est fait pour aimer, puisque nous avons été créés à l’image du Dieu tout Amour.
Par la politesse, je montre à l’Autre qu’il est important pour moi tel qu’il EST.
L.T. (mère de famille, responsable d'activités en paroisse)

